Juliette Gréco

Ca se traverse et c'est beau

« C’est un objet très bizarre. Mais, évidemment, il ne fallait pas qu’ils s’attendent à un disque classique. »

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Bertrand Hodot
b.hodot@tsprod.com


Juliette Gréco se délecte des contours inattendus de  » Ça se traverse et c’est beau « , son nouvel album, de la matière singulière dont il est fait, du casting improbable qu’il a suscité (Marc Lavoine, Philippe Sollers, Féfé, Amélie Nothomb, François Morel, Melody Gardot, Marie Nimier, Jean-Claude Carrière, Gil Goldstein, Christian Escoudé, Gérard Duguet-Grasser, Alexandra Roos) et, comme toujours, Gérard Jouannest. Des écrivains de renom, des personnalités de la chanson ou du jazz, des créateurs qui n’ont jamais été associés de leur vie et se trouvent aujourd’hui ensemble sur cet album. Ce qui les rassemble tous ? « Ils ont travaillé comme des anges », dit Juliette Gréco.

Au commencement, une idée lancée en l’air : pourquoi ne pas faire un disque sur Paris ? Petite moue de Gréco, qui appartient à Paris comme Paris appartient à sa légende. On visiterait la Tour Eiffel, le Sacré Cœur et les vestiges de Saint-Germain-des-Prés en compagnie de la légendaire Juliette ? Non merci, dit la dame.

Mais il lui vient une idée joyeuse : et les ponts ? Les ponts de Paris qui suturent ses deux rives, les ponts des poètes et des jeunes gens pressés, les ponts des amoureux et des suicidés, les ponts des aubes lumineuses et des jours noirs… La chanteuse rappelle que, si souvent entre les humains, on jette un pont ou l’on coupe les ponts : « Les ponts permettent d’aller de l’un à l’autre. Il faut des ponts pour les rencontres, il faut des ponts pour les séparations. Le pont est poétique, le pont est humain. »